Projet de Renforcement des capacités nationales en matière d’éducation et de sensibilisation à l’environnement dans les domaines de la biodiversité, des changements climatiques et de la lutte contre la désertification
Ahmed BIROUK, Mohamed MENIOUI
lundi 25 août 2008, par N. B.
En ce début de 21ème siècle, le Maroc est confronté à des problèmes complexes en matière de développement et d’environnement. Ses ressources naturelles (terrestres, hydriques et marines) sont menacées tant en quantité qu’en qualité par des risques de dégradation de plus en plus sérieux. En effet, les pressions auxquelles sont confrontés les ressources et les espaces naturels dépassent largement leurs capacités de renouvellement. La surexploitation des ressources hydriques et marines, le surpâturage des parcours, la surexploitation et le défrichement des forêts, la mise en culture des terres marginales et l’extension de l’urbanisation sur les terres à haut potentiel agricole réduisent la biodiversité des espaces, et de surcroît, la capacité des ressources à répondre aux besoins croissants des populations. De même, les espaces fragiles, tels que le littoral et les zones humides, subissent une suroccupation et une surconcentration d’activités qui portent atteinte à des sites et paysages de grande valeur2.
La dégradation de l’environnement se manifeste par l’accroissement de la désertification, la dégradation des écosystèmes, la disparition des espèces animales et végétales, la forte pression sur les nappes phréatiques et la raréfaction des ressources en eau, avec une tendance vers une situation critique de pénurie d’eau en 2025. L’érosion et la perte de fertilité des sols, l’envasement des retenues de barrages, l’augmentation des facteurs induisant des changements climatiques (gaz émanant des moyens de transport, des usines, de la dégradation des déchets,…), etc., ont tous un impact à la fois sur l’économie du pays et sur la qualité de vie quotidienne des populations.
Le processus de dégradation est par ailleurs accentué par le manque de coordination et de synergies des actions initiées par les acteurs nationaux et locaux en matière d’éducation et de sensibilisation à l’environnement (ESE). En effet, selon le Rapport National sur le Développement Durable (2002) : "en dépit des efforts déployés et des progrès réalisés, les actions menées en matière d’Éducation, de Formation et de Sensibilisation n’ont pas permis une conscientisation collective des forces vives de la société et une responsabilisation personnelle du citoyen vis-à-vis des atteintes subies par l’environnement".
Les actions d’information, de sensibilisation et d’éducation souffrent du déficit d’une vision nationale claire et harmonisée à long terme, seule en mesure de favoriser l’acquisition par les individus des connaissances et des compétences indispensables pour participer de façon citoyenne à la résolution des problèmes d’environnement.
Chacun des acteurs de l’ESE peut avoir en effet sa propre perception des notions d’éducation et de sensibilisation à l’environnement et ce, en fonction de son expérience, de son vécu ou de ses activités individuelles ou socio professionnelles. Cette diversité des perceptions et des approches est bien évidente lorsqu’elle est examinée selon la nature de la ressource naturelle, l’intérêt qu’elle représente pour chacun des acteurs, le degré de la menace qui pèse sur elle et l’impact de divers facteurs sur sa pérennité. Les approches pour atteindre les objectifs diffèrent aussi en fonction des moyens financiers, matériels et humains dont dispose chaque acteur.